Nos actualités

REMUNERATION : CONSEQUENCES DE LA REVALORISATION DU SMIC SUR NOS REMUNERATIONS

Actualités nationales Nos actualités
28 mai 2026


Par l’arrêté du 22 mai 2026 publié au Journal officiel du 24 mai 2026, le salaire minimum de croissance (SMIC) horaire est revalorisé de 2,41 % à compter du 1er juin 2026. Il s’établit désormais à 12,31 € brut (contre 12,02 € au 1er janvier 2026), soit un montant mensuel brut de 1 867,02 €. Parallèlement, le minimum garanti est relevé à 4,35 €.

Si cette hausse est une mesure de justice sociale nécessaire face à l’inflation pour les salariés du secteur privé, elle produit par ricochet, dans la fonction publique, des effets de bord structurels particulièrement délétères.

En vertu du décret n° 91-769 du 2 août 1991, cette augmentation contraint une fois de plus les employeurs publics à verser une indemnité différentielle à tous les agents dont le traitement est calculé sur la base d’un indice majoré (IM) inférieur à 380. Ce mécanisme correctif temporaire est devenu le symbole de l’asphyxie de nos grilles de rémunération.

À compter du 1er juin 2026, l’indemnité différentielle devra être versée à une proportion inédite de personnels :

  • En catégorie C : les 10 premiers échelons de l’échelle C1 (adjoint administratif ou technique, sapeurs), les 7 premiers de l’échelle C2 (adjoint administratif ou technique principal de 2ème classe, caporal) et les 3 premiers de l’échelle C3 (adjoint administratif ou technique principal de 1ère classe, caporal- chef). Sont également touchés les premiers échelons des agents de maîtrise et des sergents.
  • En catégorie B : le phénomène gagne du terrain de manière alarmante en impactant les 5 premiers échelons du 1er grade (rédacteurs, techniciens, lieutenant de 2ème classe), les 2 premiers échelons du 2ème grade (lieutenant de 1ère classe), ainsi que les premiers échelons des filières médico-sociales.
  • En catégorie A : la situation devient aberrante puisque même le 1er échelon de grades de catégorie A (biologistes, vétérinaires, pharmaciens de classe normale, ainsi que les élèves administrateurs et ingénieurs en chef) bascule sous le seuil du SMIC indiciaire.
  • Pour les agents contractuels : ceux rémunérés entre l’IM 366 et l’IM 379 se retrouvent également alignés de fait sur le salaire minimum.

Le constat est sans appel : nous assistons à un écrasement complet des débuts de carrière et à un effondrement de la reconnaissance des responsabilités, des qualifications et des diplômes.

Un agent de catégorie B ou de catégorie A débutant ne peut plus être rémunéré au même niveau qu’un agent entrant en catégorie C. Ce “tassement” par le bas annihile les perspectives de promotion interne, décourage la prise de responsabilité et aggrave dramatiquement la crise d’attractivité de nos métiers publics.