SDIS 73 – ACCIDENT DU PLANAY – LE TEMPS DE L’ENQUETE ET DES RESPONSABILITES COMMENCE
Une enquête conduite par l’Inspection Générale de la Sécurité Civile est en cours au SDIS de la Savoie, comme cela peut être le cas à la suite d’un accident grave, et plus particulièrement encore lorsqu’un décès survient en service.
Face à cette situation, le SNSPP-PATS 73 a été entendu par la mission d’inspection, afin que la parole des personnels, leurs inquiétudes et les difficultés rencontrées au quotidien puissent être pleinement prises en compte.
Mais au-delà de cette enquête, notre organisation syndicale souhaite aujourd’hui alerter solennellement les autorités compétentes sur le climat qui s’est progressivement installé au sein du SDIS de la Savoie depuis l’arrivée du directeur départemental, Fabrice TERRIEN.
Le SNSPP-PATS constate et dénonce l’installation d’un climat de peur, de tension et d’anxiété, particulièrement perceptible au sein de l’état-major, mais également ressenti par de nombreux agents du SDIS 73.
La Savoie n’avait jamais connu, selon nous, un tel climat. Les personnels du SDIS 73 ont toujours été attachés à un fonctionnement fondé sur la confiance, le dialogue, le respect des agents et la reconnaissance de leur engagement. Aujourd’hui, nous constatons une situation profondément différente, marquée par une inquiétude grandissante et un sentiment de restriction qui touche de nombreux domaines.
À cette situation s’ajoutent des restrictions budgétaires permanentes alors même que le SDIS de la Savoie évolue dans un environnement opérationnel particulièrement exigeant.
Ce département connaît en effet une saisonnalité hivernale hors normes, avec une augmentation considérable de la population présente sur le territoire, une fréquentation touristique massive, des flux routiers importants et des risques opérationnels spécifiques liés aux activités de montagne et aux stations de sports d’hiver.
Dans ce contexte, les moyens humains, matériels et financiers consacrés à la sécurité civile doivent être à la hauteur des enjeux. La sécurité des Savoyards, des habitants comme des millions de visiteurs qui fréquentent ce département, ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire.
Le SNSPP-PATS s’interroge également sur le parcours professionnel du directeur départemental et sur les éléments qui ont pu être portés à la connaissance des autorités compétentes avant sa nomination à la tête du SDIS 73. Nous estimons que les difficultés qui auraient pu être rencontrées lors de précédentes fonctions, notamment à Mayotte, auraient dû faire l’objet d’une attention particulière de la part des autorités de tutelle.
Nous constatons pourtant qu’à l’issue de cette période, une nouvelle responsabilité de direction lui a été confiée en Savoie.
Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation.
Le SNSPP-PATS considère qu’au regard du contexte actuel, de l’enquête en cours et des nombreuses interrogations exprimées par les personnels, la Direction générale de la sécurité civile doit désormais prendre toutes ses responsabilités.
Nous demandons donc solennellement à la Direction générale de la sécurité civile et aux autorités compétentes de prendre, sans délai, les mesures conservatoires qui s’imposent concernant le directeur départemental du SDIS de la Savoie, et notamment d’envisager sa mise à l’écart temporaire pendant la durée nécessaire aux investigations.
Cette demande ne constitue en aucun cas un jugement définitif sur la responsabilité de quiconque et ne remet pas en cause le principe fondamental de la présomption d’innocence.
Elle répond à une exigence essentielle : garantir la sérénité, l’indépendance et la crédibilité de l’enquête, permettre aux agents d’être entendus librement et éviter que la présence d’un directeur directement concerné par les événements ou susceptible d’être mis en cause dans différentes procédures ne puisse, de quelque manière que ce soit, affecter le bon déroulement des investigations.
Une mesure conservatoire n’est pas une sanction. C’est une mesure de protection et de précaution qui permet à chacun de travailler dans un climat apaisé et garantit la confiance nécessaire dans le processus d’enquête.
Aujourd’hui, la Direction générale ne peut plus rester spectatrice alors que nous l’avons alerté
Elle doit prendre ses responsabilités.
Elle doit entendre les personnels.
Elle doit entendre les représentants syndicaux.
Elle doit prendre en considération le climat qui règne au sein du SDIS 73.
Et elle doit surtout garantir que la vérité puisse être recherchée dans les meilleures conditions possibles.
Le personnel du SDIS de la Savoie n’a jamais connu un tel climat obscur et anxiogène. Les sapeurs-pompiers professionnels, les personnels administratifs, techniques et spécialisés et l’ensemble des agents du SDIS 73 méritent de travailler dans un environnement fondé sur la confiance, le respect, la reconnaissance et la sérénité.
Ils méritent une direction capable de les écouter et de les accompagner, ainsi que des moyens adaptés aux réalités opérationnelles exceptionnelles de notre département.
Le SNSPP-PATS continuera à défendre les agents, à porter leur parole et à demander toute la transparence nécessaire.
Face à la gravité de la situation, nous demandons aujourd’hui à la Direction générale de la sécurité civile de prendre ses responsabilités et de décider, à titre conservatoire, de la mise à l’écart du directeur départemental du SDIS 73 pendant la durée de l’enquête.
Il en va de la sérénité des personnels.
Il en va de la confiance dans l’institution.
Il en va de la crédibilité de l’enquête.
Il en va, surtout, du respect dû aux agents qui servent chaque jour la population savoyarde au péril de leur vie.
Le SNSPP-PATS demande des actes. Pas des paroles.
